Contexte
Emission de CO2
A la réunion du Luxembourg, à l’occasion d’un conseil européen de l’environnement, la France a proposé de réduire de 30% les émissions de CO2 de l’Union Européenne d’ici 2020. Comme le bâtiment représente 40% des émissions de CO2 cela relance l’idée de l’isolation. Isoler en stockant du CO2 deux opérations en une tel est l’intérêt du l’Isolation Par l’Extérieur. Comment financer cet énorme chantier ? Cette proposition est un pas de plus dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est une prise de position très importante, d’autant qu’au même moment se discutait à Pusan (Corée du Sud) la création d’une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Cette plateforme à pour objectif la préservation de la biodiversité. En prenant conscience de notre responsabilité nous pouvons agir ensemble dans la bonne direction.
Ref : Le Monde du lundi 14 juin 2010
Introduction
Pour faire des économies d’énergie dans une maison individuelle, une façon simple d’y arriver consiste à isoler. Pour des questions d’efficacité de l’isolation et d’encombrement, nous souhaitions, dans notre projet, réaliser une isolation par l’extérieur en utilisant une ossature bois.
Comme chacun le sait le bois est un matériau naturel qui a de très bonnes performances thermiques. De plus, en utilisant le bois pour l’isolation nous réaliserons une économie en CO2 au niveau du chauffage et de plus nous participons au stockage du CO2. Enfin, l’Aquitaine est une des régions de France les plus boisées avec le plus grand massif forestier européen. En utilisons le bois, nous créons un débouché prometteur pour la filière bois en Aquitaine.
Problématique de l’isolation par l’extérieur
Dans le cadre de la rénovation, le problème principal vient des prix trop élevés de l’isolation qui tiennent au fait que les solutions proposées sont des solutions « sur mesure ». Il faut créer des solutions industrielles « bas coût » qui permettent de faire par exemple de l’isolation par l’extérieur avec des solutions préparées en usine puis juste mise en place sur la maison. Il faut concevoir un habillage « prêt à poser».
L’idée que nous défendons dans notre projet est que pour isoler la maison, il suffit de venir l’habiller avec un mur en ossature bois. D’une épaisseur égale à celle des murs d’une maison en ossature bois, il est plus facile à poser puisqu’il est autoporteur. Il peut recevoir une épaisseur d’isolant d’une vingtaine de centimètres et ainsi augmenter de façon importante l’isolation de la maison. Il est facile à construire. Les découpes peuvent être réalisées en usine. Il ne reste plus qu’à la pose sur site. La qualité visuelle est la même sinon meilleure qu’une isolation extérieure classique car la maison reçoit des murs nouveaux, où il est possible de faire passer de nouveaux câblages électriques, lumières extérieures, ou des gaines pour l’aération de la maison. C’est un « habit intelligent » qui s’adapte aux problématiques de chaque maison.

Schéma de la structure en ossature bois
Enfin, dans l’isolation bois, la partie la plus exposée est le bardage, la peau de la structure. Dans notre cas, nous utiliserons du bois traité et peint en usine et garanti 15 ans. La structure ainsi réalisée permettra aux murs de la maison de « respirer » et garantir ainsi la longévité de la maison.
Dans notre projet, nous expérimenterons une solution avec l’entreprise DEFI 3 AXES qui semble très prometteuse.
Mise en œuvre de l’isolation par l’extérieur
Dans les figures ci-dessous nous montrons quelques étapes de la pose de l’isolation par l’extérieur de notre maison avec les conséquences sur son apparence.
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| 1) Etat initial |
2) Mise en place du mur en ossature bois |
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| 4) Etat final avec le SAS d’entrée |
3) Mise en place de l’isolant |
D’une hauteur de 6m la structure en bois se fixe sur la charpente et repose sur le sol. Ces deux points d’encrage lui confèrent la qualité d’autoporteuse. Ce qui ne sollicite pas les murs de la maison en parpaing ou en galet. En effet ces murs ne supportent pas le poids de la nouvelle structure (chevron, isolant, bardage, etc…). Ce point garantit une longévité de l’opération d’isolation.
Relookage
Notre maison avait comme beaucoup de maison de son époque (1938) des façades peu ou pas harmonieuses. Dans notre cas il s’agit du pignon coté jardin. La rénovation nous a permis de le restructurer et de lui donner un look moderne (voir figures ci-dessous). Avec l’isolation thermique, le relookage est un des points forts de l’isolation par extérieure.
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| 1) Pignon coté jardin avant rénovation |
2) Pignon coté jardin après rénovation |
Conclusion
L’ossature bois pour l’isolation par l’extérieur permet de :
- rénover de façon esthétique sa maison,
- faire des économies d’énergie,
- stocker du CO2
Le projet est respectueux de l’environnement dans le sens qu’il fait travailler des entreprises locales avec des matériaux locaux (minimisation du coût de transport en terme de CO2).
Le Sas d’entrée
Le sas d’entrée est un dispositif, une structure légère, positionnée à l’entrée d’une maison. Ce vieux concept nous vient du Japon. C’est un endroit utile qui facilite la vie des ménages chaque jour et en même temps permet une isolation parfaite de la maison. En effet, une entrée est un lieu de passage important de la maison. Il est ouvert plusieurs fois par jour, ce qui produit un courant d’air qui induit un refroidissement de la maison. Ce courant d’air vient de la différence de température entre l’intérieur 20°C et l’extérieur qui peut atteindre dans nos régions -5°C voire -10°C. Le sas d’entrée crée une zone tampon, avec une température modérée de l’ordre du 10°C. Ce qui diminue de façon conséquente le gradient de température entre l’intérieur et l’extérieur et évite les courants d’air d’où une économie d’énergie.
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| 1) SAS : vue coté Ouest |
2) SAS : vue coté Est |
L’intérêt du sas est si bien reconnu que tous les concepteurs de maison à basse consommation ou bioclimatique le prévoient. Pour exemple trois sites dont celui de l’ADEME. http://www.maison-bioclimatique-passive.com/habitat.pdf, http://maisonclimatique.over-blog.com/article-6787399.html, http://www.ademe.fr/paysdelaloire/downloads/accueil/GuideMaisonEcoPerformante-ADEME-200909.pdf
Dans notre projet, ce dispositif vient se placer au niveau de la porte d’entrée et d’une porte fenêtre qui se trouvent sur la même façade et dans un couloir venteux crée par l’espace entre deux maisons.
Cet ensemble de travaux nous permettra d’obtenir une maison basse consommation par rénovation. La qualité thermique et phonique de la maison, la qualité de l’air qui y circulera et le peu d’énergie qu’elle utilisera en fera un bâtiment de très haute qualité environnementale (HQE).
Remerciements :
Notre chantier était un chantier expérimental. Les entreprises ont pris beaucoup de risques technique et financier et nous les en remercions. Au final, le résultat est très satisfaisant et au niveau esthétique bluffant.
- Le travail d’isolation par l’extérieur a été réalisé par DEFI 3 AXES. Sur notre chantier Messieurs D. MONLEZUN et A. ANDALOUSSI et leurs équipes ont réalisé un travail d’une grande qualité technique et esthétique.
- Le SAS a été réalisé par l’entreprise AREA dirigé par Madame DUCASSOU. Cette entreprise toujours à l’écoute a montré un grand savoir faire et une capacité d’adaptation. Le travail et les produits sont remarquables.
Annexe : Le bois
La forêt
Il faut savoir que l’Europe détient la plus grande surface boisée du monde avec 27% des forêts mondiales. D’autre part seulement 60% des ressources sont exploitées ce qui donne une croissance annuelle de 500,000hectars ; notre forêt est en pleine expansion.
En France, toute la forêt est cultivée, il n’y a plus de forêt primaire. 15,5 millions d’hectares soit 28 % du territoire métropolitain. La surface forestière française a doublé depuis 1827. Elle s’accroît d’environ 40 000 hectares. La France est le 3e pays européen pour la surface forestière après la Suède et la Finlande. La forêt française est sous-exploitation : on ne récolte que 60 % de ce qui pousse chaque année. L’utilisation du bois pour l’isolation et comme source d’énergie permet aux exploitants forestiers de trouver un déboucher supplémentaire à leur production. En plus, le bois est produit dans toute la France donc, pour n’importe qu’elle français, c’est une production locale.

Bois isolant : économie d’énergie
Comme chacun le sait le bois est un matériau naturel qui a des performances thermiques connues et reconnues depuis très longtemps plus particulièrement dans les pays du Nord. Ce matériau isolant est un matériau composite constitué de trois polymères la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. Structurés en fibres la cellulose et l’hémicellulose donnent au matériau bois se grande résistance mécanique. La lignine sert de liant comme les résines dans les matériaux composites pour le naval ou l’aéronautique. Enfin, les composés de base du bois sont de très bons isolants thermiques et électriques. Ainsi le bois sous forme de plaque ou de fibre est un isolant thermique naturel entièrement recyclable. De plus, bien protégé de l’eau et mis en œuvre en respectant les règles de l’art, le bois a une durée de vie extrêmement long ; plusieurs centaines d’années. Pour toutes ces raisons, le bois s’inscrit bien dans l’esprit du développement durable et du respect de l’environnement.
Le bois : stockage de CO2
Les arbres, comme tous les êtres vivants, se nourrissent, respirent, transpirent, grandissent et se reproduisent. Pour cela ils ont besoin d’eau, d’azote de sels minéraux (phosphore, calcium, magnésium, fer, etc…) et de carbone le CO2 de l’air. Les racines leurs permettent d’aspirer l’eau et tous les éléments nutritifs qu’elle contient. Tous ces éléments sont transportés des racines vers les feuilles à travers des vaisseaux (le bois) dans un élément liquide qu’est la sève. Les feuilles permettent avec l’énergie du solaire, la transformation de l’eau et du gaz carbonique en oxygène et en sucres nécessaires à la croissance de l’arbre. L’arbre est un extraordinaire chimiste qui par photosynthèse et des éléments qu’il trouve autour de lui crée du bois.
Ce sucre est un polysaccharide qui est à la base des polymères qui forme le bois à savoir la cellulose, l’hémicellulose. De cette manière l’arbre stocke du CO2 (1 tonne de bois = 1 tonne de CO2) et il produit de l’oxygène: il produit plus d’oxygène qu’il en consomme pour vivre. Ainsi l’arbre et tous les végétaux sont des alliers incontournables pour lutter contre l’effet de serre. Le matériau bois que nous utilisons provient des troncs ou des branches des arbres, il en constitue la partie aérienne.
Ainsi, en utilisant le bois pour l’isolation nous réaliserons une économie en CO2 au niveau du chauffage et de plus nous participons au stockage du CO2.